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Quatrième de couverture : Charles Baudelaire a passé les deux dernières années de sa vie dans la chambre 39 de l'hôtel du Grand Miroir, à Bruxelles. L'histoire est connue, mais c'est en s'interdisant les facilités du romancier et par une qualité d'attention à la fois minutieuse et flottante que Gilles Ortlieb parvient à approcher au plus près de l'expérience baudelairienne de l'exil. Comme l'écrit Alexandre Postel : « Ainsi, tel le poète rêvant dans Paris rénové à Andromaque penchée sur le pauvre et triste miroir d'un Simoïs menteur, un autre poète, déambulant dans les rues de la Bruxelles moderne parmi les jeunes filles en foulard et les vendeurs à la sauvette, songe à Baudelaire errant au bord d'une contrefaçon de la Seine. Les temporalités s'enchevêtrent ; les silhouettes se confondent ; les fleuves, les miroirs, les pensées, se répondent. » « Si, comme il a fini par s'en persuader, on devient belge pour avoir péché, le refus de sa situation et la violence de ce refus ne peuvent empêcher qu'il soit, d'une certaine façon, devenu belge. Sa lassitude, la demi-journée de train qui le sépare de Paris et, aussi bien, l'impossibilité où il se trouverait là-bas de gagner les petites sommes qui lui font si cruellement défaut ici, ont depuis longtemps aggravé un isolement qui lui laisse tout le loisir de maudire son isolement, air connu. Et lorsqu'il en vient à se demander s'il n'y aurait plus, pour lui, d'autre choix que de retourner vivre en France ou s'en aller dans l'autre monde, comment soupçonnerait-il qu'il vient précisément de décrire, dans l'ordre, les deux prochaines étapes qui l'attendent, après qu'il aura mis fin à cet exil absurde ? » Gilles Ortlieb, « Le creux du monde », Au Grand Miroir, 2005

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