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Des Ritals en terre romande · Occasion 10936332

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Quatrième de couverture : Sous un vernis d'assimilation, je suis seul à savoir combien je suis et resterai toujours un étranger. Je ne suis pas vraiment d'ici et ne le serai jamais. Pas plus d'ailleurs que je ne suis vraiment Italien. Avoir grandi entre ces deux cultures m'a procuré un sentiment d'impossible appartenance. Un pied dans le goudron genevois, l'autre en Vénétie, je ne me sens jamais à la bonne place. Ce sentiment d'étrangeté qui me met parfois mal à l'aise, offre au moins un avantage : je suis vacciné contre toute forme de patriotisme outrancier. Ni patrie à chérir avec démesure, ni drapeau devant lequel me pâmer. S'il en est ainsi, c'est parce que mon identité première - ma seule et véritable identité - ne se trouve pas dans un pays mais dans un statut : celui de fils d'immigrés. Mes racines et mon être tout entier sont dans l'immigration italienne en Suisse des années soixante. Dans la saveur âcre et dans la douleur oubliée de ce que fut cette immigration. Ma patrie, c'est l'enfance, et mon enfance est celle d'un gosse d'ouvriers italiens venus travailler en silence dans la Suisse repue d'alors. Fils de cet homme qui se levait avant l'aube pour quelques francs de l'heure. Fils dont le père avait connu les baraques de saisonniers et la mère la clandestinité. La Suisse n'a pas cajolé ses immigrés italiens ; elle ne leur a fait aucun cadeau. Ces immigrés-là ont fait ce qu'ils ont pu et ils l'ont fait de manière admirable. Jamais je ne serai à la hauteur de leur ténacité.

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