Quatrième de couverture : «- Ça passera. Tout passe. Avec le temps, toutes les blessures cicatrisent. Elle n'eut pas l'air de me croire. J'étais seule à savoir que nous nous voyions peut-être pour la dernière fois. Je fixais désespérément le visage de ma mère pour l'emporter en moi comme une icône. (...) Bientôt deux heures qu'on fouille mes bagages. Plusieurs officiers sont arrivés en renfort. Deux femmes en uniforme m'ont déshabillée, passant mes vêtements au crible, bas et petite culotte compris. Je m'attendais à ce qu'on me fasse monter sur un fauteuil gynécologique, histoire de vérifier que je n'ai rien caché... Tout un détachement aux épaulettes rouges est sur les dents. Le chef pose sur moi un regard lourd, ses lieutenants me mitraillent de questions. Ma tête menace d'exploser, mais je persiste à me concentrer... - Tovarichtch colonel, elle a une mémoire d'éléphant... Elle est dangereuse ! J'en fais trop ! Je n'aurais pas dû fournir des réponses exactes. Pensif, le gradé fixe obstinément les talons épais de mes bottes. Suivant son regard, les yeux de tous les gardes-frontières s'y aimantent. Marcherais-je sur quelque secret d'État ? La colère me submerge. Mâchoire serrée, je m'assois brusquement par terre pour ôter mes belles bottes noires. Pieds nus, d'un pas ferme, je me dirige vers la piste. L'avion est encore là. Je monte à la dernière seconde. À Moscou, il fait 24° en dessous de zéro.»
Biographie de l'auteur : Renata Lesnik, née en Moldavie soviétique, interprète au sein des plus importants organismes d'État, met le doigt sans le savoir dans un engrenage mortel. Réfugiée politique en France, l'auteur a été condamnée à mort sous Andropov pour haute trahison. Elle dédie cet ouvrage à la mémoire de son père et de sa mère ainsi qu'aux hommes qui lui ont fait du bien, comme à ceux qui lui ont fait du mal.
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